Plus forts que les Vikings !

La délégation française FNPSA n’a pas fait le déplacement en Norvège pour rien. Malgré des conditions difficiles et un niveau élevé, elle a tout raflé, au nez et à la barbe des Vikings. Et tout cela grâce à Sébastien Cornet, Olivier Mouchel (respectivement premier et deuxième), Jérémy Duponchel et Sylviane Le Pimpec, première féminine. Net et sans bavures.
Organisée par Tonny Hansen et le Kristiansund Dykkerklubb, la Kristiansund Cup fait désormais partie des grandes classiques du calendrier des compétitions internationales. La France y a déjà brillé à sept reprises. Organisée depuis 1992, d’abord compétition régionale, elle a pris de l’ampleur et le niveau n’a cessé de s’élever avec une participation toujours plus aguerrie. Cette 14e édition internationale a mobilisé une soixantaine de chasseurs venus des pays nordiques (Norvège, Danemark, Finlande), de l’Est (Lettonie, Pologne, Russie, Estonie) et du Sud (Espagne, Portugal, France). Et l'Italie était aussi présente, avec un unique représentant, venu en repérage. On peut donc s'attendre à ce que les Marco Bardi et consorts déboulent bientôt en Scandinavie...
Jeunes loups et vieux briscard
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Olivier Mouchel a fait parler son expérience. |
La France ne cachait pas ses ambitions et, sur la base de la hiérarchie nationale établie selon le système des points-places, la FNPSA avait sélectionné une équipe homogène et complémentaire. Deux p’tits gars du Sud, Sébastien Cornet et Jérémy Duponchel, devaient montrer leur talent pour la première fois en compétition internationale. Olivier Mouchel, en “vieux” routard du circuit - c’était sa cinquième participation à la Kristiansund Cup - était chargé d’apporter son expérience des eaux nordiques à ses acolytes. Tout en s’efforçant d’obtenir le meilleur résultat pour lui-même. Lourde tâche. Enfin, et c’est une première au plan international, Sylviane Le Pimpec représentait la gent féminine tricolore.
Qui dit ambitions, dit moyens. L’équipe est donc arrivée une semaine avant l’ouverture des hostilités. Pas pour s’amuser à chasser, mais bien pour repérer les trois zones retenues pour cette édition. Olivier savait qu’il pouvait compter sur sa connaissance du terrain, accumulée lors de ses participations antérieures. Il bénéficiait également des bons "tuyaux" confiés par quelques participants des éditions précédentes. Logiquement en effet, les Philippe Bunel et autres Ludovic Herpe n’avaient pas été avares de conseils avant le départ. Des conseils qui n'étaient pas de trop pour aborder cette côte norvégienne, découpée à l’extrême, avec une zone au large et d’autres à proximité des fjords. Un véritable dédale, un cauchemar pour le repérage…
Quadrillage ou improvisation ?
L’équipe de France avait beau disposer de cartes soigneusement annotées, la phase préparatoire demeurait cruciale. D’autant que le sondeur promis était en panne. C’est donc avec un GPS à main et beaucoup de méthode que les quatre chasseurs reconnaissent chaque pierre, tentent d’en découvrir de nouvelles et bâtissent une stratégie. Durant une semaine, ils vont passer les zones au peigne fin. Pas question de rigoler. D’autant qu’une évidence se dessine rapidement : c’est pas gagné d’avance ! Avec une maille fixée à 1 kg, les beaux lieus ne sont pas légion. Pire encore pour les morues, dont c'est la fin de la saison. Pour de bon. Il faut avoir l’œil vif et le réflexe prompt pour les flécher.L’enthousiasme des premiers jours cède le pas à une once d’inquiétude. Il va falloir se battre, d’autant que le règlement prévoit deux points de mise à l’eau pour chaque zone avec retour au bateau.
Il faut donc passer par ce ratissage méthodique pour trouver les secs susceptibles de fixer quelques poissons valables. Et concocter un parcours adapté à chacun en fonction de son tempérament et de son style de chasse. La préparation est donc particulièrement astreignante, surtout pour Sébastien Cornet, plutôt adepte de l'improvisation et du « On verra bien, je pêcherai à la “tchumba” ». Mais Olivier demeure inflexible, pas question d’improviser, ou alors le moins possible. Cette mer norvégienne peut se montrer généreuse, mais capricieuse aussi. À l’image des conditions météo : le soleil joue à cache-cache avec d’épais nuages et le thermomètre s’affole par moments.
Au fil des jours et de longues heures passées dans l’eau à visiter chaque remontée, les choses se décantent. Chacun a son parcours avec ses pierres à visiter en priorité et d’autres à explorer, au cas où. Les deux derniers jours, nos tricolores vont refaire une dernière fois, son parcours, ou jeter un œil sur ses secs. Histoire de vérifier la présence du poisson et de se rassurer. Curieusement, bien peu d’autres bateaux sont aperçus sur les zones. Les Espagnols, particulièrement redoutés, et les Portugais, n’ont, a priori, pas effectué de repérage acharné. Reste les Norvégiens qui jouent à domicile.
La veille de la première manche, la messe est dite : la météo n’annonce rien de bon. Ce sera la zone de repli. Mauvais nouvelle pour nos Français, car c’est la plus pauvre.
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